Willy Ronis, Le Petit Parisien

Arrêt sur image : Le Petit Parisien, du géant de la photographie Willy Ronis.


                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      PL010~Petit-Parisien-Posters
                                                                                       Le Petit Parisien, 1952

         Willy Ronis
n’était pas seulement un poète de l’image, c’était aussi un poète des mots. Il est considéré comme un humaniste car il détenait cette singularité de photographier le paysage vivant de la capitale. A travers ses œuvres, se dévoile une sorte de tendresse ainsi qu’une forte estime pour son sujet, si bien que le résultat devient instantanément beau et nostalgique. Chacune de ses photos détient vraisemblablement une histoire et l’ensemble de ses œuvres semblent établir une autobiographie. L’artiste témoignait de son réel intérêt pour la condition humaine, il était humaniste par l’amour de la vie et des gens, qu’il pouvait retranscrire parfaitement dans ses photos en noir en blanc.  Le photographe s’adonnait à immortaliser pendant toute sa carrière la vie quotidienne des parisiens, il se disait fidèle à cette endroit, lui-même étant originaire de la capitale.                                     

          
           Par ailleurs, sa manière de procéder, tout en simplicité, était la suivante : il circulait dans la ville, il regardait la population, et à cet instant, il éprouvait le besoin de photographier ces personnes tout en creusant un peu sur ce qu’à été leur vie. Il ne quittait jamais son appareil et la rue pouvait offrir à quelconque esprit curieux un véritable spectacle continu. A partir de ce moment-là, une mise en scène n’était pas nécessaire et il se destiné à traquer les images prises sur le vif, favorisant le naturel. 

          Néanmoins, nous pouvons noter une exception : il s’agit d’une des photos les plus célèbres de Willy Ronis et qui a fait le tour du monde, Le Petit Parisien datant de 1952. Son succès s’est révélé à travers la création de posters et de cartes postales. Il avait pour mission d’illustrer un reportage qui s’appelait «  Revoir Paris ». L’histoire mettait en scène un homme qui part vivre aux Etats-Unis et qui revient à Paris. Ce dernier remarque tous les signes distinctifs de la capitale : parmi eux, l’indispensable pain parisien. Pour mettre à terme son projet, il a fait courir le garçonnet à la baguette deux ou trois fois devant la boulangerie, ce qui ne semble pas naturelle comme prise de vue et pourtant selon moi, on pourrait y interpréter une vraie leçon de vie.

          Ainsi, voici mon analyse personnelle. Cette photo illustre un petit parisien qui rentre chez lui en courant de tout l’élan de ses menues jambes. Il donne l’impression de tenir un trésor mais c’est simplement une baguette fraîchement sortie de la boulangerie,  qui est bien plus  grande que lui. Il l’a disposé sous son bras et ressemble à un athlète, pratiquant le saut à la perche. Cette journée semble mémorable pour lui : on lui a confié les premiers sous pour accomplir une mission essentielle et ainsi valider sa première action de petit homme. . Il s’adonne pour la première fois  aux courses familiales et va pouvoir profiter de cette requête avec les siens.  Son sourire perlé de dents de lait est irrésistible. Il semble heureux: il découvre ce que c’est de vivre, d’accomplir de simples tâches, de courir librement dans les rues, de partager de façon conviviale le pain chaud quotidien avec sa famille. En bref, il se sent vivant. Néanmoins, lorsqu’il grandira, il restera sans doute insensible à ces instants quotidiens qui parviendront même à le lasser.

          J’ai choisi cette photo, car d’après moi, en plus d’illustrer le mieux notre capitale, elle nous aide à prendre conscience que parfois, les choses sans importance, les plus simples de la vie quotidienne, nous procurent une joie profonde à vivre et ce, chaque jour. Désormais, c’est dans nos vies pressées que, en regardant cette photo, on peut se dire tout l’importance de prendre son temps pour accomplir les choses qui semblent si minimes. Car cela reste celles qui sont les plus riches et qui marqueront nos existences à vie. Par ailleurs, Willy Ronis recherchait l’intemporel dans ses photos. Ce qui est certain, c’est que le décor de nos jours a changé, les enfants ne portent plus de tabliers pouvant paraître quelque peu clichés voire démodés mais plutôt des marques sophistiquées. Néanmoins, ce n’est que notre manque de recul qui nous empêche, souvent, de déceler le charme de notre décor quotidien.                                               

      
        Willy Ronis
, lui, a su, derrière son objectif, immortaliser les moments les plus simples de la vie, de manière à les rendre plus importants et tellement plus profonds et charmants que ce qu’ils ne paraissent au premier abord.


Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :